Laura Gamboni

Crier sous la vague
de Laura Gamboni, aux Editions de l’Aire, septembre 2011


http://ideesarts.blogspot.ch/
Son regard est creux, ses gestes sont vides, son corps est lourd, elle n’entend plus son cœur ; depuis la mort de sa mère Aliénor est devenue étrangère à elle-même. Elle n’est plus personne.

"Aliénor lâche son couteau, le regard flou braqué juste un peu derrière lui, elle murmure : mais pars je ne te retiens pas."

Ses cris de douleur sont maquillés en reproches, ses hurlements de souffrance en caprices, son feu intérieur en glace. Dans ce brouhaha d’émotions personne ne saisit l’ampleur de sa souffrance. A travers cette histoire, Laura Gamboni révèle comment un être peut sombrer, à l’insu de tous.

Cette histoire confirme aussi le drame d’une aliénation, celle de l’exclusivité de la relation mère-fille. Dans un rythme essoufflé, Laura Gamboni nous entraîne dans le naufrage de cette femme anéantie par la mort de sa mère, avec laquelle elle entretenait une relation fusionnelle. Et l’on peut alors être tenté de croire que la cause même de cette aliénation est l’exclusivité étouffante de la mère...

En fait, le récit de Laura Gamboni m’a plongé dans une grande réflexion et m’a emmené plus loin que les apparences ; la cause principale n’est pas dans ce qui est trop, mais dans ce qui n’est pas. L’origine du mal, ce qui rend le déséquilibre possible, est bien l’absence de la fonction paternelle séparante... Il serait temps pour nous d'oser regarder la vérité en face... 

Un bouquin poignant, que je conseille sans retenue.

Pascal Rebetez


les prochains
de Pascal Rebetez, aux éditions d'autre part , 2012
http://ideesarts.blogspot.ch/"Le Tcho"
... « Or donc, le Tcho est commerçant dans une petite ville de province. Il reste cet homme épris de grands espaces, vastes et libres comme devaient l’être les routes des hommes qui s’aiment en camarades. La vie continue tant bien que mal, mais il y a souvent un secret bien gardé dans la Licorne de la vie : qui le saura jamais ? Le Tcho avait en lui son île noire. » ...



Un proche, une rencontre, une relation de travail, un type au bar, un vieux souvenir ; ils sont nos semblables, ils sont nos prochains.  Pascal Rebetez parle de ces gens qui sont juste des gens, de ces "vous", de ces "nous", que l’on croise dans la vraie vie. Avec simplicité et tendresse, il partage dans ce recueil son empathie à travers vint-cinq portraits, fragments de vies. Une livre qui fait du bien.

Fabio Pusterla

Me voici là dans le noir
de Fabio Pusterla, aux Editions Empreintes , 2001




Je te prêterai une voix pour le noir
une main pour les trois pieux
dans ta poitrine

http://www.empreintes.ch/

Ils m'amenèrent ici
pour mille raisons ou par erreur
grinçant des dents et récitant des prières.
Ils voulurent la certitude du non-retour,
usèrent de pieux pointus et de conjurations
et d'une boue profonde.

Je criai probablement avant de tomber.

Silvia Härri


Balbutier l'absence
de Silvia Härri, aux Editions Samizdat, 2010



www.samizdat.com
Empreintes d'animaux

en un moelleux tapis.
Silence feutré.

Dans le coton glacé
l'éclat d'un merle
verse sa brillance de suie.

Le chat transi
promène ses griffes
à l'affût de caresse.